RD Congo : Pourquoi Joseph Kabila a décidé de prendre les armes contre le régime de Félix Tshisekedi ?

Pourquoi Joseph Kabila a décidé de prendre les armes contre le régime de Félix Tshisekedi ? Si on trouve la la réponse à cette question, on trouvera aussi sans faute la solution à cette crise que traverse la RD Congo.
En effet, on a oublié vite qu'il avait dit ceci avant de faire la passation du pouvoir à Félix Tshisekedi: "Je ne vous dis pas adieu, mais je vous dis à bientôt. », dixit Joseph Kabila
C'était à Windhoek, le 17 août 2018, devant les chefs d'État de la SADC. Vous veniez de désigner Ramazani Shadary, vous aviez deux mandats accomplis derrière vous et une Constitution qui vous interdisait le troisième.
La formule était jolie. Elle était surtout commode. Elle vous permettait de partir sans vraiment partir, de saluer vos pairs sans leur dire au revoir, de quitter la scène en laissant la lumière allumée.
Cinq mois plus tard, le 24 janvier 2019, vous passiez le pouvoir à Félix Tshisekedi, embrassades et sourires au Palais de la Nation. Le peuple s'est réjoui. La presse a parlé d'alternance pacifique. C'était vrai sur la forme. Vous, vous n'avez jamais considéré que vous étiez parti.
Reprenons, parce que la mémoire courte arrange beaucoup de monde. L'accord de la Saint-Sylvestre, signé le 31 décembre 2016 sous médiation de l'Église catholique, prévoyait des élections en 2017. En novembre 2017, la CENI que vous contrôliez publiait un calendrier qui les repoussait à décembre 2018. Deux ans de glissement, au motif que le pays n'avait ni l'argent ni la logistique.
Pendant ces deux ans, on a vu ce qu'on a vu. Septembre 2016, marches dispersées dans le sang à Kinshasa. Le 31 décembre 2017, les paroisses catholiques appellent à manifester, la police tire : des dizaine de morts. On apprendra plus tard que vous aviez fait venir des éléments M23 d'Ouganda pour réprimer les manifestants. Le 25 février 2018, encore des balles réelles sur des chrétiens en procession, des prêtres déshabillés.
Ensuite, il y a eu le 30 décembre 2018. Tshisekedi proclamé à 38 %, Fayulu à 34 %, Shadary à 23 %.
Vous et votre protégé Corneille Nangaa, ainsi que d'autres personnes de votre entourage, vous vous vantez d'avoir trafiqué les résultats des élections, alors que vous devriez en avoir honte, en rougir, en pâlir et en mourir.
Vous vous êtes octroyé 330 sièges sur 500 à l'Assemblée nationale.
Voilà ce que signifiait vraiment votre « à bientôt ». Pas une fanfaronnade de tribune : un bail. Le président Tshisekedi prenait le haut de la maison, vous gardiez les murs, les serrures et le droit de regard sur tout ce qui se décidait en bas.
Pendant deux ans, ça a presque tenu. Malgré les fanfaronnades et la pédanterie de vos gens, qui ne rataient aucune occasion d'humilier votre successeur : désobéissance des ministres, refus de contresigner les ordonnances par le premier ministre, menaces intempestives proférées à l'égard du président par les deux têtes du législatif...
Puis Tshisekedi a retourné la majorité, l'«union sacrée » a aspiré vos députés un par un. Vous vous êtes retrouvé sans locataires et sans immeuble.
C'est à ce moment-là, et pas avant, que vous avez vraiment perdu le pouvoir.
Décembre 2023 : départ discret, après avoir boycotté la présidentielle et les législatives. Janvier 2024 : vous reparaissiez en Afrique du Sud.
Vous avez longtemps nié tout soutien aux rebelles jusqu'au jour où vous avez laissé tomber le masque.
Le 9 octobre 2026, vous vous vantez d'avoir laissé « un pays réunifié, largement pacifié ». Cette phrase reste en travers de la gorge de tous les observateurs de la question de l'Est.
En effet, Vous avez transmis un pays en feu. Le Congo Research Group et son Kivu Security Tracker documentent, en 2019, quatre millions huit cent mille déplacés internes et plus de cent trente groupes armés dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.
Le Crisis Group parle de trois cent mille déplacés en Ituri. Vous appelez ça la paix parce que la guerre ne portait pas encore votre nom.
Je vous accorde une chose, et elle est réelle : la constance. Depuis huit ans, vous ne faites qu'une chose : rendre vraie cette phrase de Windhoek. Rester partie prenante d'une conversation que vous avez quittée. Chaque discours est un rappel, chaque rappel un pied dans la porte. Mais « à bientôt » n'a jamais été un programme. C'était une dette, et vous avez passé le reste de votre vie politique à tenter de la faire payer aux autres.
Aujourd'hui, vous venez réclamer cette dette avec le sang des Congolais. Combien de nos compatriotes doivent mourir pour assouvir votre quête? les enfants qui naissent dans les camps de déplacés d'ituri ou du kivu n’ont jamais vu le pays que vous dites avoir laissé pacifié.
Alors dites-nous : Combien de cadavres avant que vous estimiez la facture réglée ?
Et dites-nous aussi, qu'allez-vous payer à l'allié qui vous prête son armée?
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