RDC : création envisagée d'une coordination des scientifiques du secteur de l'environnement

Une coordination des scientifiques congolais produisant des résultats probants dans le domaine de l’environnement est envisagée en République démocratique du Congo (RDC) afin de mettre l’ensemble des recherches au service de la communauté, a indiqué la ministre de l’Environnement, lors d’un entretien mercredi à Bruxelles.
«À mon retour à Kinshasa, je voudrais instaurer une petite coordination des scientifiques qui produisent des résultats évidents dans le domaine de l’environnement, pour que ceux-ci servent à la société», a déclaré Marie Nyange Ndambo, ministre de l’Environnement, du développement durable et de la Nouvelle économie du climat, en mission officielle en Belgique depuis le lundi.
Elle a précisé que cette structure permettra de capitaliser les résultats des recherches menées en RDC et à l’étranger, notamment en Belgique, en vue d’une gestion efficace du secteur de l’environnement et des forêts, se félicitant de la connexion scientifique existante entre les universités congolaises et belges.
Selon la ministre Nyange, il ne sert à rien de mettre de l’argent dans la recherche, de produire des résultats pertinents sans que l’on ne soit en mesure de les utiliser, alors que «les décisions politiques ont besoin d’avoir comme soubassement de telles évidences».
Des séances de travail dans plusieurs institutions belgesFaisant le point de sa mission, la ministre de l’Environnement a expliqué avoir eu plusieurs séances de travail, notamment à l’Intercommunale de la province du Brabant Wallon, à Gembloux Agro-Bio Tech de l’Université de Liège, à l’Université de Gand, mais aussi à l’Agence belge de coopération internationale (Enabel), ainsi qu’à l’Agence wallonne d’exportation (Awex).
«Je suis allée dans les universités parce que je suis au courant des recherches très pertinentes qui sont menées dans les universités belges sur les forêts, l’objectif étant de se rendre compte de ce qui se fait dans les domaines qui nous intéressent, notamment ceux des forêts, du climat et des marchés carbones», a-t-elle indiqué.
La ministre a dit également «avoir été agréablement surprise que les universités aient produit un ouvrage sur les arbres de la RDC de A à F, qui a été partagé avec moi. Le travail se poursuit mais déjà, là, on a des résultats et l’ouvrage va dans les détails des arbres, notamment pour savoir quel arbre est capable de séquestrer telle quantité de carbone».
Elle a estimé qu’il s’agit d’un volet intéressant «pour le développement que nous voulons avoir dans le domaine des marchés carbone», surtout que le Président Félix Tshisekedi tient beaucoup au développement des marchés souverains dans ce secteur au niveau de la RDC.
«De mon côté, je suis en train d’accompagner la structure appelée +Autorité de régulation du marché carbone+ dans l’organisation, structuration, mais en même temps dans la production de tous les textes qui doivent accompagner ce secteur», a-t-elle ajouté.
Marie Nyange a, en outre, constaté que des recherches sont bloquées du fait du manque d’autorisation de certaines institutions congolaises, promettant de les accompagner dans leur travail, avec sa collègue de l’Enseignement supérieur et universitaire, qui a en charge le domaine de la recherche scientifique.
Contextualiser l’expérience belge en matière d’assainissement
Au cours de ses visites, la ministre congolaise de l’Environnement a également palpé du doigt l’expérience belge sur l’assainissement des villes, qui s’effectue dans une économie circulaire autour d’une organisation décentralisée de la gestion des déchets et où les eaux usées sont au préalable traitées avant d’être déversées dans les rivières, alors que pour les déchets solides, il y a la collecte organisée par l’intercommunale avec la solidarité des citoyens, avant le recyclage.
«Il y a moyen de contextualiser cette organisation de manière à ce que nos villes soient également gérées de manière efficace», a-t-elle reconnu.
Parlant d’une séance de travail à l’Enabel, la ministre a indiqué qu’il s’agissait de déterminer les programmes de l’environnement que cette institution développe en RDC et mettre l’accent sur la nécessité de laisser l’État congolais avoir le leadership sur ce secteur, estimant que pour plus d’efficacité, les actions doivent être coordonnées, surtout que le pays développe déjà des projets sur le Couloir vert et qu’il est même dans la mobilisation des fonds.
Quant à la visite à l’Awex, le même jour, elle a permis à la ministre de rencontrer cinq (5) entreprises mobilisées dans les domaines divers touchant à l’assainissement et à l’environnement.
«Il y a des entreprises belges capables d’accompagner les sociétés minières à mettre en place la bonne manière d’assainir le milieu, en traitant les déchets liquides qui sortent des usines avant de les déverser dans les rivières», a signalé Mme Nyange.Et de renchérir: «Il s’agit de quelque chose sur lequel je voudrais travailler de manière urgente, surtout au Katanga, avec ce fléau-là de pollution des cours d’eau ».
De son côté, le ministre d’État belge André Flahaut, qui a accompagné la ministre de l’Environnement pendant son séjour, a expliqué que la partie congolaise, à la suite d’une entrevue à Kinshasa en décembre dernier, avait sollicité d’entreprendre des contacts multiformes dans les différentes parties de la Belgique, aussi bien auprès des personnalités politiques, des institutions universitaires et des entreprises porteuses de projets, pour tirer profit de l’expertise belge dans les domaines de l’assainissement et de l’agroforesterie.
«J’ai simplement facilité les différents contacts et ainsi aidé à rendre possible le développement de la RDC comme « pays solution » », a-t-il dit.
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