Présidentielle en Roumanie: le candidat d'extrême droite en tête du premier tour

Cinq mois après l'annulation choc du premier tour de la présidentielle, la Roumanie a confirmé dans un nouveau vote ce dimanche 4 mai son virage nationaliste.
Le candidat a changé, mais l'extrême droite reste en tête. Cinq mois après l'invalidation du premier tour de la présidentielle roumaine sur fond d'ingérences russes, et l'exclusion de Calin Georgescu de la nouvelle course, son successeur George Simion est crédité de 30 à 33% des suffrages, selon deux sondages sortie des urnes. Il est suivi de deux candidats pro-européens, qui se trouvent au coude-à-coude avec un peu plus de 20% des voix.
« Ensemble, nous avons écrit une page d'histoire aujourd'hui », a réagi le chef du parti AUR, 38 ans, dans un message vidéo diffusé au siège de son parti devant des partisans chantant « Dehors les voleurs, vive les patriotes ». George Simion a promis ce dimanche en cas de victoire de « porter Calin Georgescu au pouvoir », évoquant trois options : « un référendum, des élections anticipées ou la formation d'une coalition au Parlement qui le nommerait Premier ministre ». Il sera cependant « probablement battu au second tour » le 18 mai, car il dispose de peu de réserves de voix, a commenté pour l'AFP le professeur de sciences politiques Sergiu Miscoiu, prédisant une course serrée.
Le suspense entourant le nom de son futur adversaire est entier, tant l'écart est serré entre le candidat de la coalition gouvernemementale pro-européenne, Crin Antonescu, et le maire de Bucarest, Nicusor Dan, qui a promis de lutter contre la « corruption ». Plus loin derrière (autour de 15%), figure l'ancien Premier ministre social-démocrate Victor Ponta, qui avait misé sur un discours aux accents trumpistes teinté de références à Dieu.
Après l'annulation, décision rarissime au sein de l'UE, le scrutin était sous haute surveillance. Des milliers de personnes ont manifesté ces derniers mois pour dénoncer « un coup d'État ». Les États-Unis sont également intervenus, le vice-président JD Vance appelant à écouter la voix d'un peuple qu'on a fait taire « sur la base des faibles soupçons d'une agence de renseignement ».
Les autorités, qui ont renforcé les mesures de prévention et la collaboration avec le réseau TikTok, assurent avoir « tiré les leçons » du fiasco. Alors que l'extrême droite évoque « de multiples signes de fraude », le gouvernement a pointé des campagnes de désinformation, y voyant de « nouvelles tentatives de manipulation et d'ingérence menée par des acteurs étatiques ».
RFI/GEI, via gei-cd.org
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