Monde: Venezuela-États-Unis, des sanctions à l'intervention militaire!

Washington a mené des frappes aériennes sur Caracas dans la nuit du vendredi 2 au samedi 3 janvier 2026 et affirme avoir capturé le président vénézuélien Nicolas Maduro. Retour sur la hausse rapide des tensions entre les États-Unis et le Venezuela depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche.
Les tensions entre Washington et Caracas ne datent pas du retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Depuis l’arrivée au pouvoir d’Hugo Chavez en 1999, la « révolution bolivarienne », son discours anti-impérialiste et la reprise en main du secteur pétrolier ont durablement fait du Venezuela un adversaire des États-Unis en Amérique latine. Depuis 2010, les deux pays n'ont plus d'ambassadeurs respectifs.
Sous le régime de Nicolas Maduro, élu en 2013 puis réélu lors de scrutins contestés, cette hostilité s’est traduite par une accumulation de sanctions américaines jusqu’à un embargo pétrolier imposé en 2019, visant une économie dont l'or noir représentait jusque-là 96% des revenus nationaux. En 2017, Donald Trump évoquait déjà une « possible option militaire » au Venezuela.
Mais depuis son retour au pouvoir, Donald Trump a clairement durci le ton avec la suppression, dès les premières semaines de son second mandat, de la plupart des licences permettant à des multinationales d’opérer malgré l’embargo. Ces derniers mois, cette politique de « pression maximale », essentiellement économique, s'est muée en escalade militaire.
Été 2025 : de la pression économique à la confrontation sécuritaire
C'est à l'été 2025 que les choses basculent vraiment. Le 7 août, Washington annonce porter à 50 millions de dollars la prime pour toute information permettant l’arrestation de Nicolas Maduro. Depuis 2020, le président vénézuélien est inculpé par la justice américaine pour « narcoterrorisme », et les États-Unis l’accusent de diriger le supposé Cartel de Los Soles, dont l’existence reste contestée par de nombreux experts. En ravivant ce dossier, Nicolas Maduro passe du statut de dirigeant contesté à celui de cible criminelle. Caracas juge alors « pathétique [...] cette grossière opération de propagande politique ».
C'est d'ailleurs au nom de la lutte contre le narcotrafic que, le 26 août, les États-Unis annoncent le déploiement de destroyers lance-missiles au large des côtes vénézuéliennes. Caracas dénonce une « escalade d’actions hostiles » et déploie en réponse navires et drones dans ses eaux territoriales.
Washington inscrit donc ces opérations dans la guerre contre le narcotrafic, présentée comme une menace directe pour la sécurité des États-Unis. Un cadre qui lui permet d’intensifier la pression militaire sans reconnaître la souveraineté du pouvoir en place. Le président vénézuélien accuse de son côté les États-Unis de chercher à provoquer sa chute pour reprendre le contrôle de ressources énergétiques stratégiques. Le Venezuela détient les plus importantes réserves de pétrole au monde.
Le 2 septembre quoi qu'il en soit, cette guerre se concrétise : Donald Trump affirme que l’armée américaine a frappé un bateau transportant de la drogue, tuant onze personnes qualifiées de « narcoterroristes ». C’est la première action de toute une série d'autres. Depuis, selon les chiffres communiqués par Washington, au moins 115 personnes ont été tuées dans 35 frappes rendues publiques.
Le 15 octobre, Donald Trump confirme avoir autorisé des actions clandestines des services de renseignement américains contre le Venezuela et évoque la possibilité de frappes sur le territoire. Nicolas Maduro dénonce alors des tentatives de déstabilisation qui rappellent les interventions américaines en Amérique latine, et lance : « Non aux coups d’État fomentés par la CIA ».
Le 11 novembre, Washington déploie en mer des Caraïbes le plus grand porte-avions du monde, l’USS Gerald Ford, accompagné de son groupe aéronaval. Caracas dénonce une menace « impérialiste ».
Menaces, blocus et premières frappes
Le 24 novembre, les États-Unis classent le Cartel de Los Soles comme organisation terroriste. Le 27 novembre, Donald Trump annonce que les opérations viseront désormais aussi des « trafiquants de drogue vénézuéliens » lors d’actions terrestres, et plus seulement en mer.
Malgré un échange entre les deux dirigeants révélé par le New York Times, leurs relations restent explosives. Fin novembre, Donald Trump avertit que l'espace aérien au-dessus et à proximité du Venezuela doit être considéré comme « entièrement fermé ». Caracas dénonce une « menace colonialiste ». En dépit de cette annonce, quelques jours plus tard, un avion de migrants expulsés des États-Unis dans le cadre d’un accord qui avait marqué la reprise des discussions entre Washington et Caracas se pose dans la capitale vénézuélienne. Plus de 14 000 migrants ont été expulsés dans ce cadre depuis le début de l’année.
À partir de la mi-décembre, Washington annonce un « blocus total » contre les pétroliers sous sanctions entrant ou sortant du Venezuela et saisit plusieurs navires. Caracas dénonce des actes de « piraterie internationale ». Des mesures destinées à asphyxier toujours davantage une économie vénézuélienne déjà fragile. Privé de son principal débouché historique, le Venezuela écoule désormais l’essentiel de sa production à prix cassés, notamment vers la Chine.
Le 22 décembre, Donald Trump hausse encore le ton. Interrogé lors d’une conférence de presse en Floride sur l’objectif de Washington à l’égard de Nicolas Maduro, le président américain répond : « C’est à lui de décider ce qu’il veut faire. Je pense que ce serait sage de sa part [de quitter le pouvoir]. » « S’il veut jouer les durs, il risque de le regretter », ajoute-t-il, dans une mise en garde directe.
Quatre jours plus tard, le 26 décembre, une frappe de drone américaine détruit un quai sur la côte vénézuélienne utilisé par des trafiquants présumés. Bien que symbolique et sans victime, cette opération marque la première frappe terrestre américaine depuis le début de la campagne.
Dans la nuit du vendredi 2 au samedi 3 janvier 2026 enfin, des explosions secouent Caracas. Des frappes américaines visent une base et un complexe militaire dans la capitale vénézuélienne et d'autres cibles dans deux régions voisines. Donald Trump annonce dans la foulée la capture et l'exfiltration de Nicolas Maduro et de son épouse. Caracas dénonce une « très grave agression militaire » et le gouvernement « appelle toutes les forces sociales et politiques du pays à activer les plans de mobilisation ».
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